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 Les Rêves d'Estorian La légende des Eons

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Myrddin Avalon

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MessageSujet: Les Rêves d'Estorian La légende des Eons   Ven 12 Déc - 15:16

Sur ce forum, vous avez tous demander des explication sur mon monde. En fait, je suis en train d'écrire un livre et Myrddin est un des principaux personnages. Voilà donc pour tout seux qui voudrait connaitre un peut plus mon monde, je poste les trois premier chapitre. Les autres devraient suivre.


Discours de Sélaram, Grand Rêveur
Aux nouveaux arrivants de l’Académie d’Iraméel

Le Rêve est un art plus que tout autre chose. C’est se qui nous différencie, nous les Magycians des ignares de l’extérieur. C’est cet art qui vous permettra de vous élever plus haut que le commun des mortels. A quoi peut-il bien servir de porter sur soi des armes, une armure et tout ce qui est obligatoire aux soldats ordinaires quand la création d’un de ces objets ne nécessitera de votre part que quelques secondes de concentration.
Bien sûr un Rêve n’est pas éternel et bien sur, il faut être suffisamment puissant pour pouvoir s’aventurer suffisamment loin dans le Rêve.
Le problème de la durée n’est d’aucune importance. A quoi peut bien servir un Rêve une fois qu’il à remplit la fonction pour laquelle il est apparut ? Les Rêves sont la force. Ils font de nous des hommes de la race des vainqueurs et de ceux qui ne le contrôle pas, des larves juste bonnes à être dominées.
Vous avez un don. Si se n’était pas le cas, vous ne seriez pas ici aujourd’hui. La seule question qui se pose est : Serez vous des vainqueurs ou bien des perdants.
Si comme je le crois, vous êtes suffisamment intelligent pour choisir la première option, alors laissez-moi vous souhaiter la bienvenue parmi les dominants. Laissez-moi vous souhaiter la bienvenue parmi nous.
Les Magycians.



Ahir’ling



Chapitre I

Myrddin arpentas tranquillement les Rêves, laissant son esprit se poser les questions nécessaires. Tout était si calme. Difficile de concevoir que bientôt cette situation tranquille allait changer.
Myrddin jeta son dévolu sur un sabre de bois. Durant les entraînements, le sabre était son arme favorite. Il sentit le Rêve se dérouler langoureusement et admira la lumière tranquille du katana qui apparaissait dans ses mains. L’arme n’était que temporaire bien entendu, mais elle était très attachante. Comme tout les Rêves. En cela résidait aussi l’entraînement. Il fallait prouver non seulement qu’on était capable de faire apparaître une arme et d’affronter quelqu’un, mais aussi de se séparer de cette arme.
« L’attachement est une faiblesse, ne cessait de répéter Adamar. »
« Seul les fort deviennent Magycians. »
Voilà les principales doctrines Magycian. En tant qu’apprenti Magycian, Myrddin ne pouvait pas se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse.
D’un coup d’oeil, l’adolescent examina la situation. Bien sur, son adversaire était Ura. Myrddin et lui étaient rentrés en même temps à l’Académie. Les dons extraordinaires qu’on leur avait découverts avaient fait qu’ils avaient été envoyés à l’Académie d’Iraméel. Situer dans la capitale de l’Empire, cette Académie était la meilleure et réserver à ceux qui avait le plus grand potentiel.
-Alors Myrddin, prêt pour ta raclée ?
L’adolescent ne répondit pas à la provocation d’Ura. On ne pouvait pas dire qu’ils s’appréciaient beaucoup. Ils étaient aussi différents que pouvaient l’être deux personnes.
Ura fit apparaître une sorte d’épée à large lame et l’empoigna à pleine main. Myrddin sourit. Ura n’avait jamais été un bon rêveur. En revanche, c’était un guerrier à la force surhumaine.
-Alors, t’attend quoi ?
Myrddin restât impassible. Ura le provoquait pour qu’il attaque. Il ne commettrait pas cette erreur. Pas cette fois. La leçon avait été difficile à apprendre. La dernière foix, Myrddin avait attaqué et… il avait fallut que le Guérisseur de l’Académie vienne pour lui ressouder quartes côtes, un avant-bras et son pied droit. Autant dire que sa avait été plutôt douloureux.
Cette foix, il fallait utiliser une autre technique.
-Viens me chercher, à moins que tu ais peur bien entendu, railla Myrddin.
Ura devint rouge vif.
-Bon les Dancefoudres, il faudrait peut être se dépêcher un peut.
Ça c’était Adamar, le maître d’arme de l’Académie. Bourrus en toute circonstance, imbu de sa personne et légèrement tyrannique sur les bords. Disons simplement qu’il avait horreur que les choses deviennent trop compliquer pour lui ou qu’elle traînent en longueur.
Malgré l’intervention du maître d’arme, Myrddin n’était toujours pas décider à attaquer. Ura fit le premier pas.
Se ruant tête baissée sur Myrddin, il avait totalement oublié tout ce qui se trouvait autour de lui. Visiblement, il n’avait plus qu’une seule idée en tête, en découdre. Myrddin se mit en garde.
Ura était à cinq mètres…
Quatre mètres…
Trois mètres…
Leurs armes explosèrent. Les Rêves venaient d’être détruit.
Une violente douleur vrilla la tête de Myrddin.

* * *

Tout était si chaud, brûlant, suffocant. Des flammes, des flammes partout, sans arrêt, tout était en flamme. Le feu, partout il y avait le feu. Nausicaa sera son oreiller contre elle. Elle avait mal à la tête, elle sentait de grosses goûtes de sueur couler sur tout son corps.
Le feu ! Le Feu !! LE FEU !!!
L’adolescente se redressa sur son lit en hurlant comme si elle était devenue complètement folle. Sa tête lui faisait mal. Elle suffoquait.
Elle ne perçut presque pas les pas précipités qui accourait. Cette douleur à la tête le rendait complètement folle. Elle se mit à gesticuler dans tout les sens tentant de chasser les flammes qu’elle sentait tout autour d’elle.
-Qu’est-ce qui se passe ?
Ses parents venaient de débouler dans sa chambre. Pourquoi est-ce qu’il ne la tirait pas des flammes ? Pourquoi est-ce qu’ils la laissaient rôtir sur ce tapis de braise qu’était devenu son lit.
Nausicaa poussa un nouveau hurlement.
-Doucement, calme toi.
Se calmer ! Comment peut-on se calmer alors que chaque parcelle de sa peau est en train de brûler, que l’on fond, que son sang se met à bouillir ? Nausicaa poussa un nouveau hurlement. De désespoir cette fois. Elle allait mourir. Brûler vive par des flammes dont on ne la sortait pas.
Une idée stupide lui arriva alors dans la tête. Son devoir maison de mathématiques. Elle n’allait pas pouvoir le rendre. C’était idiot, complètement stupide même. Sa vie allait s’achever et pourtant, elle pensait à cette chose futile et superficielle qu’était son devoir maison de math.
Pourtant, le faite de se concentrer sur son devoir la soulageait. Elle ne savait pas du tout comment sa se faisait, mais son esprit dessina chacune des courbes, chacune des lignes, toute les opérations qu’elle avait inscrite sur sa feuille avec une incroyable netteté.
Un mot vint alors aux lèvres de Nausicaa. Elle n’avait aucune idée de se qu’il pouvait bien signifier ni aucune idée de se qu’il pouvait dire. Ce mot franchit ses lèvres avant même qu’elle est eue le temps de pouvoir y réfléchir.
-Ahir’ling, hurla-t-elle.
Des images défilairent alors très vite devant ses yeux. Un univers étrange fait d’infinité de possible, des gens en train de cultiver ses possibles et qui disparaissait au moment ou elle posait les yeux sur eux. Puis, une grande lumière blanche. Tout disparut. Ces possibles, cette lumière et même…cette chaleur intenable. Il n’y avait plus rien.
-René, vien vite, il y a le feu sur son bureau.
Nausicaa sentit l’étreinte de son père se relâcha avec douceur. Elle l’entendit partir en courant. Chercher l’extincteur sûrement. Elle retombât mollement, complètement vidé de ses forces et incapable d’effectuer le moindre mouvement. Même le fait de fermer ses paupières lui demandait trop de forces. Elle regardât les flammes dansés et grignoté maintenant les pages de son livre de math. La chambre baignait dans une douce lueur orange.
Les flammes dansait, se tordait, l’attirait.
Les flammes.
Le feu.
Ahir’ling.

* * *

Tordu en deux, Myrddin tentait de résister à cette douleur. Il ne devait pas céder, il ne le devait pas. L’attaque était venue des Rêves. Cette douleur, c’était eux. Que se passait-il ? Une seule solution s’offrait à lui. Retourner dans les Rêves. La douleur s’accentua quand il s’aventura dans l’univers des possibles. Se forçant à progresser toujours plus, Myrddin montat petit à petit dans les Rêves. La progression était plus difficile qu’elle ne l’avait jamais été. Petit à petit, pas à pas, Myrddin progressait vers la source de cette lumière sans même savoir jusqu’où il devrait aller pour l’atteindre.
Levant les yeux vers le haut des Rêves, Myrddin ne réussi pas à se retenir et un glapisement sortit de ses lèvres. Une étoile, une magnifique étoile. Voilà ce qui causait tout ça.
Elle était comme posée dans les Rêves et projetait autour d’elle tout ses rayons. C’était un spectacle magnifique. Magnifique et terrifiant à la foix.
L’adolescent prit alors compte de quelque chose. Personne, pas même maître Sélaram, celui qui était connu pour être le meilleur Rêveur au monde n’était jamais parvenu à monter si haut. La lumière s’intensifia encore plus.
Il y eu une seconde de battement durant laquelle tout les Rêves semblèrent se figer. Myrddin eu l’impression que cela durait une éternité.
Puis, se fut l’explosion. Tout s’embrasa dans la tête du jeune homme. Comme si on venait d’y précipiter tout un flot de penser qui ne lui appartenait pas. Myrddin eu l’impression que sa tête allait exploser.
Dans les Rêves, quelqu’un poussa un terrible hurlement.
Impossible.
Impensable.
Irréalisable.
Les Rêves avait toujours été un lieu de silence absolus. Un lieu ou aucun son ne pouvait pénétrer. C’est sûrement se qui rendit le hurlement plus fort, plus déchirant, plus puissant.
Et ce mot. Il était comme sortie du fond des âges. Comme si durant des siècles, personne n’avait voulut le prononcer et qu’au fil du temps, il avait disparut. Un mot à la consonance étrange.
Un mot, un seul.
Ahir’ling.

* * *

-Moi je vous dis que vous perdez votre temps. Il est mort, faite vous une raison.
Après la puissance du cris dans les voie, la voie d’Ura, même si elle avait toujours parut comme incroyablement puissante à Myrddin lui parut bizarrement insignifiante.
-Arrête de dire n'importe quoi. C’est de Myrddin Avalon dont on est en train de parler là.
C’était la voix de quelqu’un d’autre. Quelqu’un que Myrddin ne connaissait pas, mais qui semblait lui le connaître.
-C’est pas parce qu’il fait partit de la lignée des dignitaires d’Avalon que cela fait de lui un surhomme, grogna Ura.
-N’empêche qu’il n’est pas mort, répliqua l’autre.
Ura poussa un grognement mécontent et Myrddin l’entendit s’éloigner de sa démarche lourde et pesante qui le faisait ressembler à un éléphant.
Myrddin sentit un liquide au goût infect envahir sa bouche. C’était un Nës. Les Guérisseur avait souvent recourt à ça. Cette potion avait pour effet de forcer ceux qui avaient eu un malaise à reprendre conscience.
L’effet fut radical. Myrddin sentit une violente décharge électrique lui parcourir tout le corps pour obliger chacun de ses muscles se contracter violement.
D’une brusque détente, l’adolescent se retrouva assis, enfonçant au passage le nez du Guérisseur qui ne s’était pas retiré assez rapidement. Par automatisme, Myrddin rentra dans les Rêves.
Rien. Il n’y avait plus aucune trace de ce qui s’y était déroulé quelques minutes plus tôt. L’étoile avait disparut, les Rêves étaient tout aussi silencieux qu’avant. Pourtant, il y avait quelque chose de changer. Quelque chose d’indéfinissable qui rendait toute ses créations possibles encore plus belles. Mais ça, Myrddin ne réussit pas à trouver ce que c’était.
Dans le monde réel, de nombreux élève de l’Académie était regroupé autour de lui. Myrddin les observa un à un, il y avait dans leurs yeux une lueur d’effrois.
-Vous avez plongé dans les Rêves ? Que s’est-il passer ?
La voix était sèche et cassante. Se n’était même pas une question. Adamar c’était fait un passage dans le groupe d’élèves qui entourait Myrddin en les poussant violement.
-Je n’en sais rien, répondit Myrddin. Il y avait une sorte d’énorme étoile dans les Rêves. Bien plus haute que maître Sélaram n’est jamais aller.
Un murmure parcourut la foule. Myrddin se sentit observé comme on regarde un fou. Visiblement, il avait dans son histoire autant de crédibiliser que si il venait d’annoncer qu’il existait un monde parallèle où les hommes ne connaissaient pas les Rêves, où les bateaux ne volent pas et où on se déplace dans de grosses boîtes de conserves.
Adamar pâlit, mais il réussit à se reprendre à temps pour que personne d’autre que Myrddin ne s’en apperçoive.
-Une étoile ?
Adamar se voulait critique sur ce que venait d’annoncer l’apprentit Magycian, mais il jouait assez mal son rôle.
-Une étoile, répétat Myrddin. Et elle a hurlé.
Adamar ne réussit pas à se contenir. Il empoigna Myrddin par le col et le souleva jusqu’à se que ses pieds ne touchent par terre.
-Qu’est-ce qu’elle a hurlée ? Qu’est-ce qu’elle a hurlée ?
Myrddin était secouer dans tout les sens, et il avait beau battre des jambes dans tout les sens, l’étreinte d’Adamar sur le col de son uniforme de cuir noir ne se déséra pas.
-Ahir’ling.
-QUOI !!!
-La voix a hurler ‘‘Ahir’ling’’, répétat Myrddin.
Le maître d’arme le reposa violement sur ses pieds avant de le forcer à le suivre.
-Gamin, il va nous falloir des explications.
Inutile de demander qui était ‘‘nous’’. Adamar n’utilisait ce mot que pour parler d’un seul et unique groupe. Myrddin le savait. Et eu pour effet de lui nouer l’estomac de manière définitive.
Quand Adamar disait ‘‘nous’’, c’était pour qualifier le seul groupe auquel il appartenait.
Le haut conseil des Magycians.
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Myrddin Avalon

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MessageSujet: Re: Les Rêves d'Estorian La légende des Eons   Ven 12 Déc - 15:17

Chapitre II


La ville avait revêtu un sublime manteau de blanc et d’argent.
L’hiver était là. Les vacances de noël aussi d’ailleurs.
Nausicaa rentrait chez elle. La journée aurait été d’un calme parfait si le prof de math n’avait pas commencé à jouer le rabat-joie et à lui servir un discours assommant sur le respect dû aux devoirs scolaires. On avait quand même pas idée de cramer son DM. Surtout qu’en plus c’était noté. Bref, une journée comme les autres dans le meilleur des mondes.
Enfin, presque.
Il y avait deux questions qui lui torturaient l’esprit depuis la veille. La première était :
« Que voulait dire Ahir’ling ? »
Ce mot, elle l’avait hurlé sans en connaître la signification. Et pourtant, la façon dont il sonnait ne lui était pas inconnue. C’était comme un rêve. Une fois qu’on est réveillé, les images de ce rêve deviennent insaisissables. Elle devait bien se l’avouer, elle était incapable de se rappeler où et quand est-ce qu’elle l’avait déjà entendu.
Quant à la deuxième question, elle se demandait elle-même comment il était possible de se la poser.
« Avait-elle mit le feu à son devoir de math ? »
C’était complètement stupide. Comment aurait-elle pu, puisqu’elle était torturée par un cauchemar duquel elle n’arrivait pas à se libérer. Et pourtant. Comment le feu aurait-il bien pu se déclencher ?
Elle avait cette impression qu’elle était dans un de ses livres de fantasy dont elle se gavait. Il ne manquait plus que l’inconnu qui débarque et qui lui révèle qu’elle possède des pouvoirs magiques et que le sort du monde est entre ses mains.
Nausicaa se secoua la tête. C’était stupide de résonner comme ça. Elle allait devoir, comme tant de personnes, poursuivre ses études pour pouvoir plus tard s’enfermer dans un bureau et devenir une de ces femmes en tailleur strict qu’on voit dans toutes les séries télés.
Pourtant, un souvenir étrange persistait dans sa tête. C’était la seule chose dont elle se souvenait des évènements de la nuit passée d'ailleurs. Mise à part cette chaleur suffocante. Il s’agissait d’un visage. Elle n’avait fait que l’entr’apercevoir, pourtant les traits nets de ce visage étaient restés gravés dans sa tête.
Peut-être à cause de la couleur des cheveux.
Blanc. D’un blanc parfait en tout point. Un blanc qui ferait passer la neige pour grisâtre.
Ou alors, à cause des yeux. D’un bleu azure étrange tant il était clair.
Nausicaa pressa le pas. Il ne lui restait plus qu’une seule chose à faire une fois qu’elle serait rentrée chez elle.
Dessiner.
Elle avait toujours eu un don pour tout ce qui touchait à l’art. Et particulièrement lorsqu’on lui laissait une feuille, une gomme, un taille-crayon et un crayon de papier entre les mains.
Plus vite elle serait rentrée chez elle, plus vite elle pourrait se le sortir de la tête et le coller sur une feuille de papier.


* * *


-Êtes-vous absolument certain de ce que vous avancez ?
Myrddin hocha la tête. Cela faisait au moins la neuvième fois qu’on lui posait exactement la même question. Et cela commençait à bien faire à la fin.
-Oui. Je suis absolument sûr et certain de ce que j’ai vu dans les Rêves. J’en suis aussi certain qu’il y a trois minutes et j’en serais tout aussi certain dans trois minutes quand vous me le redemanderez.
-Assez d’impertinence.
Myrddin comprit qu’il avait été à deux doigts de franchir la limite qu’il c’était lui-même obligé à tenir jusque-là. En face de lui se tenaient les trois hommes les plus puissants du monde. Se montrer trop impertinent avec eux n’était pas une décision extrêmement intelligente. On peut même dire que c’était complètement stupide.
D’un discret regard, il dévisagea chacun des trois hommes qui lui faisaient face. Ça faisait bien trois heures qu’il était debout devant eux et que les mêmes questions revenaient toujours. Chaque fois dans un ordre différent, mais c’était toujours les mêmes.
Parmi le haut-conseil, on trouvait Naturim. Cet homme d’âge mûr avait les cheveux couleur poivre sel et les yeux d’un gris métallique. Il était doté d’une carrure impressionnante et était réputé dans tout l’Empire (et au-delà) pour ses capacités de chef et son talent pour le commandement. Mais, on le connaissait aussi en tant que fondateur de l’ordre des Magycians que tentait d’intégrer Myrddin en travaillant dans l’Académie. À ce qu’on disait de Naturim, il était d’une incroyable fermeté et il ne supportait pas la moindre entorse à son règlement. Il était le bourreau des dernières années qu’il prenait en tant que maître d’arme, alors qu’Adamar s’occupait des nouvelles recrues.
Sélaram ensuite. Le plus grands Rêveur (encore en vie) à des siècles à la ronde. Où plutôt, c’était le plus grand Rêveur, puisque l’Étoile était montée plus haut dans les Rêves qu’il n’y était jamais parvenu. Il était, de tous les membres du conseil, le plus vieux. Cela ne l’empêchait pourtant pas d’être d’une rigueur, d’une discipline et d’un sérieux extrême. Quant à ceux qui affirment que la mémoire se détériore quand on vieillit, c’est qu’ils ne l’ont jamais rencontré.
C’est simple. Ce vieil homme n’oublie jamais rien.
Le dernier et le plus jeune était Adamar.
Le conseil suprême c’était réuni de toute urgence, pour étudier cette intrusion dans les Rêves. L’affaire semblait être, pour eux, d’une importance plus que capitale. Et Myrddin avait été le seul à retourner dans les Rêves après le début de l’intrusion. Qui pouvait-on donc interroger d’autre ?
-Vous pouvez disposer, marmonna Naturim en se penchant sur un morceau de parchemin.
Plus encore que cet ordre marmonner, c’est le petit geste de la main du chef des Magycians qui mit le plus Myrddin en rogne. Difficile d’imaginer qu’on puisse mettre plus de mépris dans un seul geste.
Se contenant au maximum, Myrddin réussit à s’incliner respectueusement devant les trois hommes avant de leur tourner le dos pour sortir de la pièce.
Il se mit à avancer tout droit, sans vraiment savoir où il allait aller. De toute façon, il serait prévenu quand les membres du conseil auraient la gentillesse de bien vouloir lui faire part de ce qu’ils avaient décidé. Parce qu’ils allaient décider de quelque chose.
C’était obligatoire, vu le bouquant que l’intrusion avait fait dans les Rêves.
En fait, Myrddin s’aperçut qu’il ne savait absolument rien au sujet de cette Étoile. Il l’avait juste vu. Rien de plus. Quant à ce qu’il savait sur les Magycians…
Les Magycians étaient un ordre féodal très puissant. Ils dirigeaient l’Empire d’une main de fer depuis le mur de l’Académie d’Iraméel. Seules quelques terres au nord et au sud échappaient encore à leur contrôle. Mais ce n’était qu’un court répit. Tout le monde le savait. Les Magycians avait pour ambition de dominer tout le continent. Puis, de raser définitivement Testala, la citée des pirates volants, de la carte. Et rien de ce qui pourrait arriver ne pourrait arrêter la soif de conquête des Magycians. Elle ne s’arrêterait que quand ce monde serait à leur pied.
Myrddin leva les yeux au ciel. Il était d’un bleu magnifique. Un bleu d’été. Comme il ne peut y en avoir que quelques jours avant le solstice. Seul un minuscule nuage venait blanchir ce ciel.
Instinctivement, le jeune homme s’était rendu dans son lieu préféré. Il s’agissait d’une grande terrasse aménagée sur le toit du bâtiment principal de l’Académie. Elle permettait d’admirer tous les alentours. Et c’était un spectacle magnifique. La ville d’Iraméel s’étendait tout autour des hauts murs de l’Académie. Les couleurs beiges et jaunes des maisons donnaient au tout une incroyable sensation de sérénité. Cette impression était en totale opposition avec la forteresse qu’était l’Académie.
Plusieurs centaines de mètres d’une esplanade de jardin séparaient le portail de l’Académie de l’Oracle. Ce cylindre parfait de pierre bleu était le cœur d’Iraméel. La ville s’était construite autour du site où la légende raconte que les dieux avaient enchaîné l’un des leurs à ce monde pour le punir d’avoir désobéi à une loi divine. On dit qu’il avait aimé une mortelle. Depuis lors, de très nombreux pèlerins venaient admirer l’édifice, espérant désespérément entendre dans leur tête résonner la voix de l’Oracle les appeler pour répondre à leur question la plus chère avec la plus parfaite des exactitudes. Car, l’Oracle ne ment jamais et n’a jamais tort.
Myrddin réussi à détacher son regard de l’Oracle pour regarder passer un navire volant accoster au port d’Iraméel. Bien plus à l’est de l’endroit où il se trouvait. Les voiles pourpres et gonflées par le vent ainsi que les ouvertures que Myrddin parvenait à apercevoir dans son flan ne laissaient aucun doute sur sa nature. C’était un navire de guerre. L’adolescent était trop loin pour apercevoir l’étendard du navire, mais il était suffisamment prêt pour être sûr de ne pas connaître cet agencement. En tout cas, il ne faisait pas partit de la flotte Impériale, c’était une certitude.
Myrddin laissa un zéphire agréable faire voler ses cheveux blancs. C’était sa particularité. Il la tenait de sa mère et cette apparence, jugée par les Magycians comme trop proche de celle du peuple d’Arkane, la ville cathédrale, lui avait posé pas mal de problèmes sérieux. Depuis sa naissance, Myrddin avait toujours eu les cheveux blancs. C’était étrange de voir un garçon de 17 ans avec cette couleur. Mais rien n’avait réussi à la modifier. De nombreux Guérisseurs s’y étaient essayé, mais rien à faire. Les cheveux de Myrddin restaient toujours aussi blancs. Pour faire enrager un de ses professeurs, il avait décidé de les laisser un peu pousser jusqu’à ce qu’ils frôlent ses épaules. Cela n’était pas très réglementaire comme coupe de cheveux, toutefois, elle n’était pas interdite. À dix ans, Myrddin l’avait prouvé en collant le règlement des Magycians sous le nez du professeur qui tenait à ce qu’il se les coupe. Ça l’avait d’ailleurs fait particulièrement enrager. Voilà autre chose qui le détachait des autres élèves de l’Académie qui avaient tous les cheveux coupés courts.
-Myrddin Avalon !!!
L’adolescent reconnut le hurlement sans difficulté. C’était Adamar qui l’appelait. Apparemment, le conseil avait fini par prendre une décision.
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Myrddin Avalon

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MessageSujet: Re: Les Rêves d'Estorian La légende des Eons   Ven 12 Déc - 15:17

Chapitre III

« Surveillez les Rêves. »
Le haut-conseil des Magycians demandait toujours l’impossible, et une fois de plus, il ne faisait pas mentir sa réputation.
Myrddin était consigné dans sa chambre avec Ura pour seule compagnie. Autant dire que l’ambiance générale du lieu était particulièrement festive.
Si jamais Myrddin repérait l’Étoile, il avait pour ordre formel de la suivre et d’attraper son Rêve au moment de sa création. Cela lui permettrait de se rendre directement à l’endroit où se trouvait cette personne. Ura s’était vu confier en aparté la suite des opérations. Ce qu’il devait faire une fois en position restait pour Myrddin un mystère des plus complets. Il avait bien essayé de le découvrir, mais personne n’avait voulu lui dire. On lui cachait des choses et honnêtement, ce genre de comportement avait pour mérite de l’agacer prodigieusement. Tout ce qu’il avait réussi à apprendre, c’était que ce que devait faire Ura une fois sur place était pour le plus grand bien de l’Empire et de tous ses habitants.
Impossible d’en savoir plus.
Donc, Myrddin s’était résigné à sa tâche ingrate de vigile et surveillait les Rêves. Guettant la moindre apparition de l’Étoile.

* * *

Il faisait très froid. Vraiment très froid.
La météo locale avait annoncé une brusque chute des températures. Le thermomètre était passé sous la barre des moins dix degrés durant la nuit et les prévisions des météorologues annonçaient que cet hiver serait très froid.
Convenablement emmitouflée dans une grosse doudoune, Nausicaa arpentait le trottoir verglacé en prenant toutes les précautions possibles pour ne pas se retrouver les quatre fers en l’air à cause de la couche de verglas.
Il était huit heures trente. C’était une heure bien matinale pour se lever durant les premiers jours vacances, mais il fallait aller chercher du pain à la boulangerie et comme ses parents étaient occupés à emmener ses trois sœurs à l’école pour ce dernier samedi matin de cours, elle avait dû s’y coller.
Décidant que la boulangère pourrait bien attendre deux minutes, l’adolescente décida de faire un crochet par le parc municipal. Elle prit un plaisir incommensurable à s’aventurer en dehors des sentiers, là où la neige n’avait pas été retirée pour dégager le passage.
Nausicaa s’allongea dans la neige, abritée des regards des éventuels passants par un bosquet de sapin. Elle contempla le ciel.
La neige avait cessé de tomber depuis plusieurs heures déjà. Elle en était un peu déçue.
Elle avait toujours aimé la neige. C’était surtout de la voir tomber qui la réjouissait.
Elle se mit à imaginer les flocons qui tombaient du ciel. Tout en triturant une mèche de ses cheveux roux, elle se visualisa chacun de ces flocons qui dégringolaient du ciel blanc comme des plumes d’anges, visualisant leurs formes. Comme si elle était de retour devant sa table de dessin et qu’elle était en train de donner une forme à cette page blanche. Elle ferma les yeux pour se concentrer sur cette image. Elle avait toujours eu beaucoup d’imagination.
Quelque chose de froid tomba sur sa joue.
Nausicaa ouvrit les yeux.
Le rêve de son imagination se réalisait. De gros flocons de neige dégringolaient du ciel.

* * *

L’Étoile.
Elle venait d’apparaître.
Sans réfléchir, Myrddin se lança à sa poursuite. Tout en priant intérieurement qu’elle ne monte pas aussi haut que la dernière fois.
L’Étoile avait changé. Elle était moins lumineuse et l’on aurait pu la confondre avec un Rêveur quelconque si son image n’était pas restée profondément graver dans la tête de Myrddin.
Malgré ce changement, il n’avait aucun doute sur le fait qu’il parviendrait à la reconnaître entre mille.
Ura lui aussi c’était lancé à sa poursuite dès qu’il avait repéré qui Myrddin était en train de suivre.
Soudain, Myrddin se retrouva seul à la poursuite de l’Étoile. Ura n’étant pas un bon Rêveur, il ne parvenait pas à monter suffisamment haut dans les Rêves pour pouvoir continuer la poursuite.
Le comportement de l’Étoile était assez étrange. Elle ne semblait pas avoir conscience que Myrddin était en train de la suivre. Mais plus étonnant encore, elle n’accordait strictement aucune attention à toutes les créations possibles qu’offraient les Rêves et semblait avoir un but bien précis, duquel elle n’avait apparemment pas l’intention de se laisser détourner.
Ou alors, cette personne n’avait aucune idée de ce que pouvaient bien lui offrir les Rêves. Cette solution était beaucoup plus tirée par les cheveux.
Myrddin s’obligea à se concentrer au moment où le Rêve de l’Étoile se mit à prendre forme.
Il fallait agir maintenant.
Myrddin attrapa le Rêve au moment où il changeait et devenait réalité.

* * *

Ura hurla de rage.
Myrddin l’avait laissé planter là comme un débile profond. Il ne pourrait pas accomplir la mission que Naturim lui avait confiée. Il jeta un regard haineux à l’endroit où s’était assis Myrddin pendant qu’une partie de son esprit surveillait les Rêves avant l’apparition de l’Étoile et…
…il n’y avait plus personne.
Myrddin avait réussi à s’emparer du Rêve de l’Étoile et il devait déjà être apparu à proximité de cette dernière. Voilà que maintenant, il risquait de faire complètement capoter la mission dans son ensemble ou bien, il allait lui voler le mérite de l’avoir remplie lui-même.

* * *

Rouler bouler dans la neige.
Myrddin était atterri de la façon la plus pitoyable qui soit dans un gros tas de neige.
Un tas de neige ? Comment c’était possible puisqu’on était en plein milieu de l’été à Iraméel ? Myrddin réfléchit un court moment. Il n’y avait qu’une seule explication possible. Il devait avoir atterri dans un des royaumes du nord. Deux de ces royaumes n’étaient pas sous domination Magycian. Voilà donc pourquoi l’Étoile n’avait pas été repérée par les Magycians et envoyée dans une Académie dès son plus jeune âge.
Ça compliquait aussi les choses. Les peuplades du nord n’étaient pas vraiment en bons thermes avec l’ordre des Magycians et l’accueil risquait d’être plus glacial que la température.
Tout en se relevant, Myrddin se félicitât que maître Sélaram n’ait rien vu de son atterrissage désastreux. Si ça avait été le cas, il lui aurait passé un sacré savon.
C’était d’ailleurs étrange cette façon dont il avait atterri. Quand il utilisait les Rêves pour se transporter d’un endroit à un autre, jamais il n’avait aussi mal atterri. Enfin bon. De très nombreux lieux séparaient Iraméel des royaumes du Nord. La distance avait peut-être joué un rôle non négligeable dans cette gamelle.
Myrddin épousseta tranquillement ses vêtements de cuir noir afin d’en retirer toute trace de neige.
-Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? Comment êtes-vous arrivez là ?
Surpris, l’apprenti Magycian fit volte-face et se retrouva à quelques mètres d’une jeune fille aux cheveux roux qui brandissait une grosse branche morte et tordue d’un air farouche.
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MessageSujet: Re: Les Rêves d'Estorian La légende des Eons   Ven 12 Déc - 17:17

J'ai deja lus peut tu poste la suite? Very Happy
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MessageSujet: Re: Les Rêves d'Estorian La légende des Eons   Ven 12 Déc - 22:38

...

*reste scotchée*
*se déscotche avec difficulté*

...

J'ADOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOORE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Alors comme ça tu veux en faire un livre... On peut en commander un exemplaire dès maintenant ??? XD
Deux choses négatives, si je puis dire, dans ton livre, c'est les deux univers dont le nôtre avec un des deux protagonistes qui se retrouvent dans l'autre monde. Et kes deux héros surdoués dans leur domaine. Ce sont des idées courantes en fantasy.
Pour le reste, je pense avoir été assez claire.

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Merci Hiryuu ^^ Ce kit est superbe !
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MessageSujet: Re: Les Rêves d'Estorian La légende des Eons   Sam 13 Déc - 18:23

En fait, c'est un peut plus compliquer que sa eb à l'air. Mais développer des le début le gros fil rouge de l'intrigue ne me plaisait pas. En fait, la complexité commencera à arriver un peut plus tard.
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MessageSujet: Re: Les Rêves d'Estorian La légende des Eons   Sam 13 Déc - 18:26

Voilà donc la suite (désoler à la balafre, mais il faut que je poste se qui est déjà sur l'Elu avant de pouvoir mettre de la nouveauté).


Chapitre IV

Nausicaa aurait voulu poser d’autres questions, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Le garçon qui se tenait en face d’elle. C’était celui qu’elle avait dessiné. Celui qu’elle avait vu en rêve. Cheveux blancs, yeux bleu azur, la silhouette svelte, mais musclée, les pommettes saillantes et un visage ovale.
-Vous…vous…vous…, bredouilla Nausicaa.
Elle était incapable de dire quoi que se soit. Le fait de se retrouver nez à nez avec le personnage qu’elle avait dessiné lui avait coupé la voie.
Quant à Myrddin, il était tout aussi incapable de parler. Il n’était pas dans un royaume du Nord. Et les vêtements qu’elle portait, il n’avait jamais vu ça. Un gros manteau, des gants de laine avec seulement le pouce et un gros doigt, un pantalon d’un étrange tissu bleu et quant à ses chaussures, Myrddin n’aurait jamais pu imaginer quelque chose de semblable s’il ne le voyait pas lui-même.
Nausicaa voulut s’assurer que ce qu’elle voyait était bien réel et pour ça, elle ne voyait qu’une seule solution.
D’un large revers, elle abattit son morceau de bois en direction de l’épaule de Myrddin.
Le bâton n’atteignit jamais sa cible.
Le coup avait été bloqué par un sabre en bois.
-D’où est-ce que tu sors ça ?
Myrddin fut stupéfait par la question. Comment quelqu’un capable de créer un boucan pareil dans les Rêves pouvait poser une question aussi stupide ?
Nausicaa fit un pas en arrière pour s’écarter. Elle avait longtemps pratiqué l’escrime et même si elle n’était armée que d’un morceau de bois tordu, elle avait bien l’intension de mettre une pâtée à ce type. Comme elle ne savait pas à qui elle avait à faire, il valait mieux se montrer prudente. Elle se mit en garde. Puis feinta pour atteindre le milieu du torse de Myrddin et…
…se retrouva sur les fesses.
Myrddin, d’une torsion de poignet, avait paré le coup, s’était plaqué contre Nausicaa et avait fauché les jambes de la jeune fille avec l’efficacité, la force et la rapidité que confère l’habitude.
-Ahir’ling.
-Quoi?
-Ahir’ling, répéta Myrddin.
-Où avez-vous entendu ça ?, demanda Nausicaa.
Myrddin la regarda, étonné. Comment pouvait-elle poser cette question.
-Le hurlement dans les Rêves, vous êtes au courant au moins ?
-De quoi vous parlez. C’est quoi les Rêves ?
-Mais, vous les avez empruntés. J’ai été envoyé par le haut-conseil des Magycians depuis Iraméel pour…
-Minute. Je ne comprends rien du tout, coupa Nausicaa. C’est quoi les Magycians ? C’est où Iraméel ?
Myrddin était éberlué.
-Attendez, même les enfants savent ça. Ne me dite pas que vous ne comprenez rien. Vous avez Rêver deux fois.
Nausicaa se remit debout.
-Qu’entendez-vous par Rêver ?
-Comment ça ?
Ça commençait assez mal. Plus mal d’ailleurs que Myrddin ne l’avait imaginé. Où avait-il atterrit pour pouvoir tomber sur quelqu’un qui ne connaissait pas l’existence des Rêves, des Magycians et d’Iraméel.
-Je suis arrivé où ?
-Vous n’allez pas me dire que vous ne savez même pas où vous vous trouvez ?
-Quand on attrape un Rêve, comme je viens de le faire, on le sait très rarement.
-Vous savez que ce que vous êtes en train de me dire n’a strictement aucun sens ?
Myrddin sentit le rouge lui monter aux joues. Ça eut pour effet de l’énerver. Bien sûr que tout ce qu’il était en train de dire avait un sens. C’est elle qui était un peu attardée.
-Bon je vais essayer de faire simple, dit Myrddin. Vous avez pénétré dans les Rêves. Un genre de dimension parallèle, dans laquelle on crée tout ce qu’on veut. À l’exception en fait de feu, d’eau, de terre et de vent, je n’ai jamais compris pourquoi d’ailleurs, et…
-Alors ce n’est pas moi que vous devez trouver, lâcha Nausicaa.
-Quoi ?
-Ben oui, si j’ai belle et bien ‘‘Rêver’’, il y a un problème puisque j’ai mis le feu à mon devoir de math.
-C’est quoi les math ?, demanda Myrddin.
Cette question était la plus stupide qu’il puisse poser. D'accord, il n’avait aucune idée de ce que pouvait être ce truc au nom barbar, mais il était quand même en face de quelqu’un capable de faire apparaître une flamme. Autant dire du jamais vu dans l’Histoire de l’Empire. Et lui, tout ce qu’il trouvait à dire, c’était demander ce que pouvait bien être les Maths. Ça ne servait à rien.
-Bon, c’est pas que je m’ennuie, mais il faut que…
-Aaaaaaaaaaaaah !!!
Nausicaa regarda Myrddin qui, terrorisé, pintait un doigt en direction des tours HLM de la ville qu’il venait d’apercevoir.
-C’est…C’est quoi ça ?
-Ben des immeubles, répondit Nausicaa le plus simplement du monde.
-Comment avez-vous dit que cet endroit s’appelait ?
-Je ne l’ai pas dit.
-Alors comment ça s’appelle ?
-Le pays ou la ville ?
-Le pays.
-Ah ! On est en France. Vous savez, le pays européen qui a des frontières avec l’Espagne, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, la Belgique.
Nausicaa prit alors conscience, devant la mine grave de Myrddin, que le ton qu’elle avait employé n’était pas approprié. Elle lui avait parlé comme s’il était un débile profond, alors qu’il semblait très loin d’en être un.
Il était soudain devenu très pâle. Plus qu’avant en fait et il portait autour de lui le regard effrayé d’un animal en face du chasseur.
-Alors c’est pour ça…
Myrddin venait de prendre conscience de quelque chose. Il venait de prendre conscience de ce que Ura aurait dû faire s’il était arrivé jusqu’ici. Sa mission était de tuer cette fille. Le conseil savait très bien que, quoi qu’ils disent, jamais Myrddin n’accepterait de le faire. Alors, ils avaient choisi quelqu’un qui leur obéirait fidèlement. Quelqu’un qui donnerait tout pour pouvoir passer devant son rival et se hisser sur la première marche.
Ura.
C’était logique. L’existence d’un Rêveur qui n’obéissait pas aux lois habituelles était pour les Magycians quelque choses d’exceptionnel. Grâce à ça, rien ne leur serait impossible. Qui pourrait se battre contre quelqu’un dont le potentiel est, en tout point de vue, illimité. Grâce à ça, il aurait la possibilité d’étendre leur conquête comme ils en auraient envie. Et visiblement, étendre leur domination sur plus d’un monde.
Seul problème dans ce tableau, le Rêveur en question échappait totalement à leur contrôle. Impossible d’être sûr qu’il n’allait pas choisir de s’opposer à eu comme, par exemple, en allant grossir de son pouvoir les rang des pirates volant de Testala. Ce serait pour les Magycians une véritable catastrophe et signifierait sûrement la chute de l’ordre.
Il valait mieux ne prendre aucun risque. La seule manière d’y parvenir était de maintenir le statuco déjà existant. Il faillait donc supprimer Nausicaa.
-Est-ce que ça va bien ?
Nausicaa secoua légèrement Myrddin pour le faire sortir de ses pensées.
-Tu t’appelles comment ?, demanda-elle.
Le tutoiement s’était installé sans qu’ils n’y fassent attention et Myrddin ne le releva même pas tant il était naturel.
-Myrddin. Myrddin Avalon.
-Et bien Myrddin. Je suis enchanté de t’avoir connu. Moi c’est Nausicaa. Nausicaa Delacourt. Maintenant, soit gentil. Reste tranquille et ne me saute pas au cou pendant que j’appelle le service psychiatrique de l’hôpital.
-Le quoi du quoi ?
-Le service psychiatrique de l’hôpital. Vous n’en avez pas à Itramurel.
-C’est Iraméel et je n’ai aucune idée de ce que ça peut bien être. C’est comme les maths.
Nausicaa sortit son portable et l’alluma.
-C’est un endroit où on met les gens qui sont fou ici.
-Je ne suis pas fou, cria Myrddin le rouge aux joues.
-Mais si. Depuis tout à l’heure, vous me débitez tout un tas de trucs complètements dingues à propos de Rêves et de je ne sais pas quoi encore.
-Et si je vous prouve l’existence des Rêves, vous me croirez ?
Nausicaa eut un petit rire nerveux. Elle s’écarta légèrement.
-Et vous voulez faire comment pour me le prouver ?
Myrddin fit semblant de réfléchir un petit temps, puis, il s’inclina devant Nausicaa de façon grotesque avant de se relever brusquement et de tendre à l’adolescente un poing où venait d’apparaître tout un bouquet de fleurs colorées aux parfums de printemps.
-Permettez-moi mademoiselle de vous présenter mes plus plates excuses pour mon arriver cavalière.
Le visage de Myrddin affichait une expression joyeuse et hilare. Un grand sourire d’un blanc éclatant illumina son visage.
Au moment où Nausicaa allait prendre le bouquet de la main de Myrddin, ce dernier le lâcha. Le bouquet n’atteignit jamais le sol. Il fut remplacé dans la seconde par une boîte de fer blanc remplie de confiserie que Myrddin tendit à Nausicaa.
-Je dois vous demander quelque chose, dit Myrddin d’un ton grave et sérieux.
Nausicaa l’observa un moment, incapable de dire quoi que se soit. Autant éblouit par le tour de passe-passe de Myrddin, que par le brusque changement d’expression de son visage.
-Il ne faut plus jamais que vous imaginiez quelque chose comme vous l’avez fait pour cette flamme. C’est dangereux. De là d’où je viens, je pense qu’on veut vous tuer. Alors, s’il vous plait, ne le refaite pas.
Nausicaa hocha la tête. Elle ne savait plus si elle devait penser que Myrddin était complètement fou ou s’il disait la vérité. Elle comprit, à l’expression du jeune homme, que pour lui rien n’était plus certain que ce qu’il venait de lui dire.
Elle hocha la tête pour lui affirmer qu’elle avait bien compris ce qu’il lui demandait. Même si elle n’était pas sûre qu’il ne soit pas en train de lui faire peur, mieux valait être prudente.
-Parfait. Maintenant, excusez-moi, mais il faut que je rentre pour tenter d’y voir un peu plus clair. Au plaisir de vous revoir un jour.
Myrddin se concentra sur la cour de l’Académie d’Iraméel et se propulsa dans les Rêves.
Nausicaa consulta sa montre et poussa un juron sonore. Avec tout ça, elle en avait oublié qu’elle devait aller chercher du pain à la boulangerie.
-Désolée Myrddin, mais il va falloir que je te laisse. Je dois aller chercher du pain.
Quand elle releva les yeux du cadrant de sa montre, Myrddin avait disparu. Aucune trace de pas dans la neige pour penser qu’il se serait éclipsé discrètement.
Rien. Absolument rien.
La seule trace de son passage était les traces de pieds qu’il avait laissées sur le lieu de leur discussion.
Nausicaa leva les yeux au ciel. Elle se remémora les noms qu’il lui avait dit.
Rêves, Iraméel, Magycian.
Sans qu’elle sache pourquoi, tous ces noms éveillaient en elle un sentiment de familiarité quoique ce fût la première fois qu’elle les entendait. Un sentiment de familiarité, comme elle n’en avait éprouvé qu’un auparavant.
Elle l’avait éprouvé pour Ahir’ling.
Est-ce qu’elle le reverrait ?
Elle n’en savait rien, mais le son de sa voie restait gravé en elle, comme dans du marbre.
Myrddin.
Myrddin Avalon.
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